Co-packing logistique : définition, opérations, obligations et flux de palettes
8 octobre 2026 · 8 min de lecture

Le co-packing (ou copacking) consiste à confier à un prestataire des opérations de conditionnement sur des produits déjà emballés : lots promotionnels, multipacks, coffrets, étiquetage, filmage, préparation de présentoirs. Le produit lui-même n'est pas touché, ce qui le distingue du co-manufacturing. En pratique, c'est une activité de palettes : on reçoit des palettes de produits, on les défait, on reconditionne et on refait des palettes pour l'expédition.
Définition du co-packing
FM Logistic, l'un des prestataires qui en a fait une offre, résume le co-packing comme un ensemble d'opérations « diverses en périmètre et en niveau d'intervention sur le produit » : multipacks, assortiments, lots promotionnels, étiquetage, filmage et préparation de présentoirs (FM Logistic). Le point commun : on travaille sur l'emballage secondaire d'un produit déjà scellé. Le mot désigne à la fois l'activité et le prestataire, le « co-packer ».
Le co-manufacturing, lui, intervient sur le produit : remplissage, emballage primaire, mise en bouteille. C'est une étape de fabrication, avec des investissements plus lourds et des contrats généralement longs. Le kitting est un cousin du co-packing : il regroupe des composants en kits pour une ligne de production ou une commande, plutôt que des produits finis en lots de vente.
Les opérations courantes
- Lots et multipacks : regrouper plusieurs unités (« 3 pour 2 », pack familial) sous film ou en carton.
- Assortiments et coffrets : mélanger des références dans un même emballage, par exemple pour les fêtes.
- Étiquetage et mise en conformité : poser une étiquette de langue, un code promotionnel, un sticker de prix.
- Filmage, fardelage, flow-pack : regrouper et protéger sous film rétractable.
- PLV et présentoirs : monter et garnir des présentoirs livrés prêts à poser en magasin.
- Reconditionnement : changer le format d'unité de vente ou de colisage pour un client ou un pays.
L'intérêt pour la marque est la souplesse : une opération promotionnelle se monte en quelques semaines sans toucher à la ligne de production. FM Logistic met aussi en avant le regroupement des matières d'emballage et des produits finis dans le même entrepôt pour simplifier la traçabilité (FM Logistic France).
Qui fait du co-packing
Trois types d'acteurs se partagent le marché. Les prestataires logistiques (3PL) l'ajoutent à leur offre d'entreposage : le produit ne quitte pas l'entrepôt. Les co-packers spécialisés disposent de lignes et de machines dédiées. Enfin, le secteur adapté et protégé, entreprises adaptées (EA) et établissements et services d'aide par le travail (ESAT), propose souvent filmage, reconditionnement, étiquetage et chargement de camions, comme en témoignent les plaquettes diffusées par l'Union nationale des entreprises adaptées (UNEA).
Ce dernier choix a un effet sur l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés : selon la fiche de l'Agefiph, sous-traiter à une EA, un ESAT ou un travailleur indépendant handicapé permet de déduire de la contribution 30 % du coût de la main-d'œuvre, dans la limite de plafonds (Agefiph, fiche OETH). La règle exacte et les plafonds en vigueur sont à vérifier avec votre service RH. Un ESAT est une structure médico-sociale qui permet à une personne en situation de handicap de travailler (Service-Public).
Les obligations selon le produit
Le co-packer ne fabrique pas, mais il touche à l'emballage, donc parfois à l'information du consommateur et à la traçabilité. Trois cas reviennent souvent.
Alimentaire. Le responsable de l'étiquetage est l'exploitant sous le nom duquel la denrée est commercialisée ; un exploitant qui modifie les informations accompagnant la denrée répond de cette modification (règlement INCO 1169/2011, article 8, EUR-Lex). Les mentions obligatoires sont rédigées au moins en français et un numéro de lot permet la traçabilité (DGCCRF). Chaque opérateur doit pouvoir dire de qui il a reçu un produit et à qui il l'a livré (règlement 178/2002, article 18, EUR-Lex). Si le co-packer ajoute un emballage au contact de l'aliment, ce matériau relève du règlement 1935/2004 (EUR-Lex).
Cosmétique. Un distributeur devient « personne responsable » s'il met le produit sur le marché sous son nom ou le modifie au point d'affecter sa conformité, et l'étiquette doit porter un numéro de lot (règlement 1223/2009, articles 4 et 19, EUR-Lex).
Dans tous les cas, le cahier des charges doit dire qui valide le bon à tirer des étiquettes, comment les lots d'origine sont reportés sur les lots reconditionnés, et ce qu'on fait des unités non conformes. Les dates (DLC ou DDM) des produits regroupés doivent rester lisibles et cohérentes dans un même lot.
Le flux de palettes d'une opération de co-packing
Vu du quai, une opération de co-packing est une succession de mouvements de palettes. Les palettes de produits et de matières d'emballage arrivent, sont contrôlées et stockées. Elles sont ensuite amenées en bord de ligne, souvent par petites quantités pour ne pas encombrer les postes. Les opérateurs défont les palettes, reconditionnent, puis reconstituent des palettes de produits finis, filmées et étiquetées (palettisation, étiquette SSCC), qui repartent en stock ou à l'expédition.
Chaque palette fait donc au moins quatre trajets : quai vers stock, stock vers ligne, ligne vers stock ou quai, et retour des palettes vides. Sur une campagne promotionnelle de plusieurs semaines, ces allers-retours occupent des caristes à plein temps, alors que la valeur ajoutée est sur la ligne. C'est la même logique que l'approvisionnement des lignes de production, que nous décrivons dans notre article sur le milk-run automatisé.
Internaliser ou externaliser le co-packing
Beaucoup d'industriels et de distributeurs hésitent entre monter un atelier de co-packing dans leur propre entrepôt et confier les campagnes à un prestataire. Trois critères tranchent en pratique. Le premier est la régularité : un atelier interne n'est rentable que si les opérations reviennent toute l'année, sinon les postes et la place restent vides entre deux campagnes. Le deuxième est la proximité du stock : si les produits sont déjà stockés chez un prestataire logistique, faire le co-packing chez lui évite deux transports et deux réceptions. Le troisième est la confidentialité et le contrôle : une marque qui prépare un lancement ou qui doit valider chaque lot préfère parfois garder l'opération sous ses yeux.
Dans les deux cas, l'atelier se dimensionne d'abord par ses flux de palettes, avant ses machines. Il faut une zone tampon pour les palettes entrantes, des emplacements en bord de ligne pour quelques palettes seulement, une zone pour les palettes de produits finis en attente de filmage et un circuit pour les palettes vides. Un atelier dont les allées sont encombrées de palettes en attente perd plus de cadence qu'il n'en gagne avec une machine plus rapide. Mesurez donc le nombre de palettes entrantes et sortantes par heure de campagne avant de dessiner les postes.
Choisir un prestataire de co-packing
Aucun prestataire consulté ne publie de grille tarifaire : le prix dépend du nombre de manipulations par unité, des cadences, des machines et de la durée de la campagne. Pour obtenir des devis comparables, envoyez le même dossier à chaque prestataire : description de l'unité finale avec photo ou maquette, volumes et calendrier, nombre de références en entrée, matières fournies ou à acheter, exigences d'étiquetage et de traçabilité, format des palettes en sortie. Demandez une pré-série avant la campagne, et la cadence réellement tenue sur une opération comparable.
FAQ
Qu'est-ce que le co-packing ?
Ce sont des opérations de conditionnement réalisées sur des produits déjà emballés : multipacks, lots promotionnels, coffrets, étiquetage, filmage, préparation de présentoirs. Le produit lui-même n'est pas modifié. Elles sont confiées à un prestataire logistique, à un co-packer spécialisé ou au secteur adapté.
Quelle différence entre co-packing et co-manufacturing ?
Le co-packing travaille sur l'emballage secondaire d'un produit déjà scellé. Le co-manufacturing intervient sur le produit : remplissage, emballage primaire, mise en bouteille. C'est une étape de fabrication, qui demande plus d'investissements et des contrats généralement longs.
Qui est responsable de l'étiquette d'un lot promotionnel alimentaire ?
L'exploitant sous le nom duquel la denrée est commercialisée, selon l'article 8 du règlement INCO 1169/2011. Un opérateur qui modifie les informations accompagnant la denrée répond de cette modification. Le cahier des charges doit préciser qui valide le bon à tirer.
Le co-packer doit-il assurer la traçabilité ?
Oui pour les denrées alimentaires : chaque opérateur doit pouvoir identifier de qui il a reçu un produit et à qui il l'a livré (règlement 178/2002, article 18). En cosmétique, l'étiquette doit porter un numéro de lot. Les lots d'origine doivent donc être reportés sur les lots reconditionnés.
Combien coûte une prestation de co-packing ?
Il n'existe pas de grille publique : le prix dépend du nombre de manipulations par unité, des cadences, des machines et de la durée de la campagne. Pour comparer, envoyez le même dossier à chaque prestataire et demandez une pré-série.
Pour aller plus loin
- Logistique agroalimentaire : automatiser sans risquer la traçabilité.
- Milk-run automatisé : alimenter les lignes en palettes sans cariste dédié.
- Les méthodes de picking, pour les opérations en aval du co-packing.
- Combien de palettes par camion, pour préparer l'expédition.
- Production industrielle : automatiser les flux de palettes en bord de ligne.
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