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Robot de tri en entrepôt : flottes mobiles, trieurs fixes, bras robotisés, comment choisir

8 octobre 2026 · 8 min de lecture

Zone de préparation et d'expédition d'un centre de distribution

Un robot de tri répartit des colis ou des articles vers des destinations (commandes, tournées, transporteurs) sans opérateur pour les porter. Trois familles existent : les flottes de petits robots mobiles qui roulent sur une table ou une mezzanine, les trieurs fixes (bandes croisées, sabots, plateaux basculants) et les bras robotisés qui alimentent ces trieurs. Les cadences annoncées vont de quelques centaines à plus de 50 000 articles par heure ; aucune de ces machines ne déplace de palette.

À quoi sert un robot de tri

Le tri intervient partout où un flux arrive en vrac et doit repartir par destination : préparation de commandes e-commerce, hub de colis, retours, éclatement vers des magasins. Dans un entrepôt, il se situe entre deux étapes palettes : en amont, les palettes reçues sont dégroupées ; en aval, les colis triés sont regroupés, souvent repalettisés, avant chargement. Beumer rattache ainsi explicitement le tri à la réception, à la préparation et à la palettisation (Beumer, trieurs à plateaux basculants).

Un robot de tri reçoit ses ordres du système de pilotage de l'entrepôt, le WMS, qui connaît la destination de chaque article scanné. Il se distingue d'un convoyeur simple par sa capacité à répartir vers des dizaines ou des milliers de sorties.

Les flottes de robots mobiles de tri

C'est l'image la plus récente du « robot de tri » : des centaines de petits robots qui portent chacun un article et le déposent dans une goulotte ou un bac. Tompkins Robotics annonce pour son système tSort plus de 50 000 articles par heure vers plus de 6 000 destinations, avec des robots de 2,3 à 30 kg de charge, montés sur des tables modulaires qu'on ajoute ou qu'on déplace (Tompkins Robotics). Geek+ propose des robots de tri de 8 à 100 kg de charge et un système annoncé jusqu'à 15 000 articles par heure (Geek+, série S ; Geek+, MiniSort).

Les cas clients donnent des chiffres plus concrets que les plaquettes. Chez Nissa, 12 robots Geek+ trient plus de 500 pièces par heure vers 22 sorties sur 199 m². Chez THG, 430 robots Libiao trient 11 151 articles par heure vers 3 840 destinations (THG Ingenuity, étude de cas). L'atout de ces flottes est la modularité : le débit monte avec le nombre de robots, et l'installation se déplace. Leur limite est le format : un article trop gros ou trop lourd pour le robot sort du système.

Les trieurs fixes : bandes croisées, sabots, plateaux

Les trieurs fixes sont des boucles ou des lignes mécaniques. Le trieur à bandes croisées (« cross-belt ») porte chaque colis sur un petit tapis transversal qui l'éjecte à la bonne sortie : Vanderlande annonce jusqu'à 18 000 porteurs par heure à 3 m/s pour son CROSSORTER (Vanderlande), Beumer des colis de 100 g à 50 kg (Beumer, BG Sorter ET), Interroll 50 kg (Interroll) et Fives 80 kg pour son GENI-Belt.

Le trieur à sabots pousse latéralement les cartons et les bacs avec des patins qui glissent sur des lattes : Interroll annonce 3 000 à 8 000 articles par heure pour un trieur modulaire (Interroll, Sortteq MC-S), Vanderlande plus de 10 000 cartons par heure (Vanderlande, POSISORTER). Le trieur à plateaux basculants incline un plateau pour faire glisser l'objet, et accepte colis, sacs et caisses lourdes. Ces installations offrent des cadences élevées et régulières, au prix d'une emprise et d'un tracé figés.

Les bras robotisés d'induction

Le poste le plus pénible d'un trieur est souvent l'alimentation : prendre les colis en vrac et les poser un par un sur le trieur. Des bras robotisés guidés par la vision font ce travail. Plus One Robotics annonce 2 200 à 2 300 prises par heure en continu et 3 300 en pointe, et prévoit une voie d'exception pour les objets que le bras ne peut pas saisir (Plus One Robotics, MODEX 2024). Le bras ne remplace donc pas le trieur : il l'alimente.

Comment choisir : la grille par famille

Les chiffres ci-dessous sont annoncés par les constructeurs ou tirés de cas clients publiés ; ils servent à situer les familles, pas à dimensionner un projet.

FamilleCadence annoncéeCharge max. annoncéeAtoutLimite
Flotte de robots mobiles500 articles/h (12 robots, cas Nissa) à plus de 50 000/h (Tompkins)2,3 à 30 kg (Tompkins), 8 à 100 kg (Geek+)Modulaire, déplaçableDébit lié au nombre de robots
Trieur à bandes croiséesJusqu'à 18 000 porteurs/h (Vanderlande)50 kg (Beumer, Interroll), 80 kg (Fives)Large plage de formatsInstallation fixe
Trieur à sabots / chaîne3 000 à 8 000 articles/h (Interroll), plus de 10 000 cartons/h (Vanderlande)Non publiéeCartons et bacs à cadence élevéeFixe, linéaire
Trieur à plateaux basculantsNon publiéeColis, sacs, caisses lourdes (Beumer)Charges variéesPas de cadence publique
Bras robotisé d'induction2 200 à 2 300 prises/h en continu (Plus One)Non publiéeRemplace l'alimentation manuelleVoie d'exception nécessaire

Trois questions orientent le choix. Quel est le profil des articles : poids, dimensions, emballages mous ou irréguliers ? Quelle cadence en pointe, et quelle variation dans l'année ? L'installation doit-elle pouvoir grandir ou déménager ? Une flotte mobile répond bien à un e-commerce en croissance ; un trieur fixe à un hub de colis à flux massif et stable. Aucun constructeur consulté ne publie de prix : comparez les offres à cadence et à taux d'erreur garantis.

Les questions à poser avant un projet de tri

Une plaquette donne une cadence maximale ; votre exploitation vit avec une cadence de pointe, des articles atypiques et des pannes. Avant de comparer des offres, fixez par écrit six points. La cadence à tenir en pointe, et pas en moyenne, avec la saisonnalité de l'année. Le taux d'erreur de tri garanti et la manière dont il est mesuré. Le traitement des exceptions : où vont les articles refusés, et qui les reprend. L'intégration au WMS : qui fournit l'interface, et qui la maintient. Le plan de maintenance et le délai d'intervention, car un trieur arrêté bloque toute l'expédition. Enfin, l'évolutivité : peut-on ajouter des sorties, des robots ou une seconde boucle sans tout reprendre ?

Demandez aussi une visite d'un site en fonctionnement, avec des articles proches des vôtres. Les cas clients publiés montrent des débits très inférieurs aux maximums annoncés, ce qui est normal : ils reflètent un mix réel d'articles, de destinations et de pauses. C'est ce chiffre-là qui doit entrer dans votre calcul de rentabilité.

Et les palettes dans tout ça ?

Les plus gros robots de tri relevés portent 100 kg pour 750 × 1 000 × 600 mm ; une palette chargée dépasse largement ces limites. Le tri ne s'occupe donc jamais des palettes : il commence quand elles sont défaites et s'arrête quand elles sont reconstituées. Entre le quai et la zone de tri, et entre la palettisation et l'expédition, il reste des allers-retours de palettes que ni le trieur ni ses robots ne font. C'est le terrain des transpalettes, conduits ou autonomes, que nous détaillons dans notre panorama des types de robots logistiques.

FAQ

Quelle est la différence entre un robot de tri et un trieur à bandes croisées ?

Le trieur à bandes croisées est une boucle fixe de porteurs, annoncée jusqu'à 18 000 porteurs par heure chez Vanderlande. Le tri robotisé repose sur une flotte de petits robots mobiles qui roulent sur une table ou une mezzanine : on augmente le débit en ajoutant des robots, et l'installation peut être déplacée.

Quel poids un robot de tri peut-il porter ?

Selon les constructeurs, de 2,3 à 30 kg chez Tompkins Robotics et de 8 à 100 kg chez Geek+. Les trieurs fixes acceptent jusqu'à 50 kg chez Beumer et Interroll, 80 kg chez Fives. Aucun ne prend une palette entière.

Combien de place faut-il pour un tri robotisé ?

Cela dépend du nombre de sorties et de la cadence. Un cas publié par Geek+ fait 199 m² pour 12 robots et 22 sorties. Les constructeurs de flottes mobiles mettent en avant un gain d'espace par rapport aux trieurs fixes, à vérifier sur votre plan.

Les robots de tri gèrent-ils les colis irréguliers ?

En partie. Les trieurs à bandes croisées acceptent une large plage de formats, et les bras d'induction écartent vers une voie d'exception les objets qu'ils ne peuvent pas saisir. Les articles trop gros, trop lourds ou trop mous pour la machine doivent être traités à part.

Un robot de tri peut-il déplacer des palettes ?

Non. Les charges maximales relevées vont de 2,3 à 100 kg. Le tri intervient après le dégroupage des palettes et avant leur reconstitution ; le transport des palettes entre quais, tri et expédition relève des transpalettes, conduits ou autonomes.

Pour aller plus loin

Vos robots de tri sont alimentés et vidés par des palettes déplacées à la main ? Le transpalette autonome d'Easy to Carry fait les allers-retours entre quais, zone de tri et expédition, dans vos allées actuelles. Découvrez le robot ou faites vérifier vos allées.

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