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Robots mobiles usine automobile : ce que Stellantis et Renault ont appris en France

18 août 2026 · 7 min de lecture

Un centre de distribution : racks et palettes filmées

Les robots mobiles usine automobile ne sont plus des projets pilotes en France : Stellantis exploite 43 robots MiR à Caen pour environ 1 000 missions par jour, et Renault Group pilote ses pièces détachées à Villeroy avec 191 robots Skypod d'Exotec (source : mobile-industrial-robots.com ; cio-online.com). Ces deux cas documentés montrent une automatisation progressive des flux internes, pas un remplacement brutal des équipes. Cet article détaille ce qui est publiquement connu de ces déploiements et ce qu'une PME ou une ETI peut en retenir.

L'automobile française, terrain pionnier de la robotique mobile

La filière automobile française pèse 329 000 salariés et 1,1 % du PIB (source : Insee ; DGE, portrait 2024). C'est un secteur historiquement organisé autour du juste-à-temps, du kanban et du milk-run (le « petit train » qui réapprovisionne les postes de travail), des méthodes qui préparaient déjà le terrain à l'automatisation des flux internes avant même l'arrivée des robots mobiles.

Cette culture explique pourquoi l'industrie automobile a été parmi les premières à expérimenter des robots mobiles à grande échelle en usine. À Sochaux, Stellantis a par exemple déployé des AGV et des « butlers » dans le cadre du full kitting de sa nouvelle usine (source : francebleu.fr). Deux autres sites, Caen pour Stellantis et Villeroy pour Renault Group, ont fait l'objet de communications chiffrées plus précises sur leurs déploiements de robots mobiles, ce qui permet de documenter des cas concrets plutôt que des annonces générales.

Stellantis Caen : 43 robots mobiles au service des flux internes

Le contexte du déploiement

Le site Stellantis de Caen a intégré une flotte de 43 robots MiR (Mobile Industrial Robots) pour prendre en charge une partie de ses flux logistiques internes. Ces robots fonctionnent en 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, et réalisent environ 1 000 missions par jour sur le site (source : mobile-industrial-robots.com/fr/cas/stellantis-caen).

Le cas publié situe ce déploiement dans une trajectoire de long terme : Stellantis Caen affiche un objectif d'automatisation complète de ses flux internes à l'horizon 2030. Les données publiques disponibles ne détaillent pas la nature précise de chaque mission (types de charges transportées, postes desservis, gains de productivité chiffrés) ni le calendrier intermédiaire de montée en charge entre le déploiement initial et cet objectif 2030.

Ce que l'on peut en retenir

Le volume publié, 43 robots pour environ 1 000 missions quotidiennes, dessine une flotte engagée sur des allers-retours fréquents plutôt que sur de longues missions isolées, cohérent avec une logique de flux internes répétitifs (type navette ou milk-run) plutôt qu'un transport ponctuel. Le fonctionnement continu en 24/7 indique également une intégration dans le rythme de production, et non un usage d'appoint limité à certains créneaux. Ni la répartition des missions par robot ni leur durée moyenne ne sont détaillées publiquement.

Renault Villeroy : 191 Skypod pour piloter les pièces détachées

Le contexte du déploiement

Le site Renault Villeroy pilote la logistique des pièces détachées du groupe Renault avec 191 robots Skypod d'Exotec, associés à un système piloté par intelligence artificielle. Selon la source publique disponible, ce déploiement a permis de diviser par 6 le temps de traitement et d'absorber une hausse de 25 % du nombre de commandes (source : cio-online.com/actualites/lire-191-robots-et-de-l-ia-pour-piloter-les-pieces-detachees-de-renault-group-15704.html).

Les Skypod sont des robots de stockage et de préparation de type goods-to-person : ils circulent dans une structure de rayonnage dédiée pour apporter les bacs de pièces jusqu'aux opérateurs, plutôt que l'inverse. Ce fonctionnement diffère de celui des MiR de Stellantis Caen, qui sont des robots de transport de charges se déplaçant au sol dans un environnement partagé avec les équipes.

Ce que l'on peut en retenir

Les deux indicateurs cités, temps de traitement divisé par 6 et +25 % de commandes traitées, décrivent un gain de débit et de capacité d'absorption plutôt qu'une simple réduction d'effectifs. La source disponible ne précise pas la date exacte de mise en service complète, le nombre de collaborateurs concernés, ni le retour sur investissement financier du projet : ces éléments ne peuvent donc pas être affirmés au-delà de ce qui est publié.

Robots mobiles usine automobile : le tableau comparatif des deux cas

CritèreStellantis CaenRenault Villeroy
Type de robot43 robots MiR (AMR de transport)191 robots Skypod Exotec (goods-to-person, + IA)
FonctionFlux logistiques internesPilotage des pièces détachées
Rythme24/7, ~1 000 missions/jourNon précisé publiquement
Résultat documentéObjectif d'automatisation complète des flux internes en 2030Temps de traitement ÷6, +25 % de commandes
Sourcemobile-industrial-robots.comcio-online.com

Robots mobiles usine automobile : quels enseignements pour les PME et ETI ?

Un déploiement progressif, pas un big bang

Dans les deux cas documentés, l'automatisation ne remplace pas d'un coup l'ensemble des flux : Stellantis Caen vise 2030 pour une automatisation complète, ce qui signifie qu'en 2026 le site fonctionne encore avec une combinaison de robots et de flux non automatisés. Pour une PME ou une ETI, ce point est transposable : commencer par un flux répétitif et bien identifié (comme un milk-run bord de ligne) plutôt que par une bascule intégrale du site est une approche cohérente avec ce qui est observé dans ces deux usines.

Des flux répétitifs et à forte fréquence

Le rythme 24/7 et le volume de missions à Stellantis Caen, comme le gain de débit à Renault Villeroy, concernent des flux à haute fréquence, exactement le type de tâche où un robot mobile apporte le plus de valeur en réduisant les déplacements à vide et les temps d'attente. Une entreprise industrielle ou logistique qui identifie ses propres flux répétitifs (magasin vers bord de ligne, quai vers stockage) dispose d'un point de départ comparable pour évaluer l'intérêt d'un robot mobile.

L'acceptabilité par les équipes, un sujet à anticiper

Les sources disponibles pour ces deux cas ne détaillent pas les modalités précises d'accompagnement du changement côté équipes (formation, réorganisation des postes, retours des opérateurs). Ce silence documentaire ne permet pas d'affirmer que l'acceptabilité a été simple ou difficile, il invite en revanche toute entreprise qui s'engage dans un projet similaire à traiter ce volet en amont, avec l'appui de son CSE et, pour les aspects sécurité, de sa Carsat.

Le ROI reste propre à chaque site

Aucun des deux cas ne publie de retour sur investissement financier consolidé (coût total du déploiement, durée d'amortissement). Les seuls résultats opérationnels documentés sont le volume de missions pour Stellantis Caen et les gains de débit pour Renault Villeroy. Pour une PME ou une ETI qui envisage un robot mobile, ce constat rappelle qu'un ROI se calcule au cas par cas, à partir de ses propres flux, et non par extrapolation d'un cas industriel de grande envergure.

FAQ

Combien de robots mobiles Stellantis utilise-t-il à Caen ?

Le site Stellantis de Caen exploite 43 robots MiR, qui réalisent environ 1 000 missions par jour en fonctionnement continu 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. L'objectif communiqué par Stellantis est une automatisation complète des flux logistiques internes du site à l'horizon 2030 (source : mobile-industrial-robots.com).

Que font les 191 robots Skypod de Renault Villeroy ?

Les 191 robots Skypod d'Exotec, associés à un pilotage par intelligence artificielle, gèrent les pièces détachées du groupe Renault sur le site de Villeroy. Selon la source publique, ce dispositif a divisé par 6 le temps de traitement et permis d'absorber une hausse de 25 % du nombre de commandes traitées.

Les robots mobiles remplacent-ils les caristes dans l'industrie automobile ?

Les cas Stellantis Caen et Renault Villeroy documentent des gains de volume et de débit, pas des suppressions de postes chiffrées publiquement. Ce sont des robots dédiés à des flux internes répétitifs, qui s'ajoutent à l'organisation existante plutôt qu'un remplacement total documenté des équipes logistiques sur ces deux sites précis.

Une PME peut-elle s'inspirer des cas Stellantis et Renault ?

Oui pour la méthode : cibler d'abord un flux répétitif et fréquent, comme un milk-run bord de ligne. Non pour l'échelle : ces deux cas concernent des sites industriels de grande taille, avec des dizaines voire des centaines de robots. Une PME démarre en général avec un déploiement plus restreint, dimensionné à ses propres flux.

Maillage interne

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