Robot logistique : les 7 types de robots d'entrepôt expliqués
18 août 2026 · 9 min de lecture

Un robot logistique est une machine autonome ou semi-autonome qui automatise un flux d'entrepôt : transport de palettes, stockage, préparation de commandes ou déplacement de charges. On distingue sept grandes familles selon leur fonction, AGV, AMR, transpalette autonome, gerbeur autonome, robot goods-to-person, robot de picking et cobot de convoyage, auxquelles s'ajoute une huitième catégorie encore émergente : le robot humanoïde. Ce guide détaille chaque type, ses cas d'usage et les acteurs du marché à connaître.
Le marché du robot logistique en quelques chiffres
Le marché mondial des robots mobiles devrait passer de 5 milliards de dollars en 2024 à 14 milliards en 2030, soit une croissance de 19 % par an, près de huit fois plus vite que l'automatisation fixe (source : Interact Analysis). Dans ce marché, la part des AGV recule de 33 % à 20 % au profit des AMR, preuve d'une bascule structurelle vers la navigation sans infrastructure.
Donnée la plus utile pour un décideur : les chariots et transpalettes autonomes ne représentent que 14 % des volumes de robots mobiles vendus, mais 33 % du chiffre d'affaires du secteur en 2030 (source : Interact Analysis). C'est le segment le plus « premium » de toute la robotique logistique, cohérent avec le positionnement du Pudu MP2000.
1. L'AGV : le robot logistique à circuit fixe
Définition courte : l'AGV (Automated Guided Vehicle, véhicule à guidage automatique) suit un trajet prédéfini, matérialisé par une infrastructure, filoguidage, bandes magnétiques, QR codes ou réflecteurs laser pour triangulation.
Cas d'usage : navettes répétitives à très fort volume entre deux points fixes (sortie de ligne de production vers stock, alimentation d'une machine), sur des sites conçus pour l'automatisation.
Exemple d'acteur : Rocla (groupe Mitsubishi Logisnext, Finlande), pionnier européen des AGV pour palettes et gerbage, distribué en France via le réseau Logisnext.
2. L'AMR : le robot logistique à navigation libre
Définition courte : l'AMR (Autonomous Mobile Robot, robot mobile autonome) se localise par cartographie SLAM grâce à un LiDAR et des caméras embarquées, sans aucune infrastructure de guidage. Il détecte et contourne seul les obstacles.
Cas d'usage : bâtiments existants, flux qui changent régulièrement, cohabitation avec des piétons et des engins conduits, c'est la famille la plus adaptée à une PME sans chantier d'infrastructure.
Exemple d'acteur : le MiR1200 Pallet Jack (Mobile Industrial Robots, Danemark, groupe Teradyne), équipé de 3 scanners laser 360°, 5 caméras 3D et d'une détection de palettes par IA, considéré comme le comparable le plus direct du Pudu MP2000 sur le marché européen.
3. Le transpalette autonome : le robot logistique le plus rentable
Définition courte : sous-catégorie d'AGV ou d'AMR spécialisée dans le levage et le transport de palettes sur de courtes distances, avec ou sans conducteur embarqué.
Cas d'usage : rotation quai-stock, réassort de bord de ligne, navettes entre zones de préparation, le flux le plus répétitif de l'entrepôt et l'un des principaux contributeurs aux troubles musculosquelettiques du métier de cariste.
Exemple d'acteur : le Pudu MP2000, distribué en France par Easy to Carry (capacité 2 000 kg, navigation LiDAR 3D et caméras de profondeur, insertion des fourches en 20 secondes environ, aucune infrastructure requise). Côté entrée de gamme, l'EP Equipment EXP15 (1 500 kg) affiche un prix public d'environ 12 000 € HT, une rareté sur ce marché où les tarifs sont le plus souvent sur devis.
4. Le gerbeur autonome : automatiser le stockage en hauteur
Définition courte : variante du transpalette autonome capable de lever une palette pour la ranger en hauteur, sur plusieurs niveaux de racks.
Cas d'usage : mise en stock et reprise dans des palettiers classiques, quand le volume ne justifie pas encore un système de stockage automatisé complet.
Exemple d'acteur : Balyo (France), avec sa gamme LOWY, gerbeur 1 600 kg, levée jusqu'à 3 mètres, géoguidage propriétaire combiné à un LiDAR 3D et un jumeau numérique du site.
5. Le robot goods-to-person : le stock qui vient au préparateur
Définition courte : au lieu d'envoyer un opérateur chercher un article, ce robot amène le contenant (bac, carton) jusqu'au poste de préparation. C'est le principe du « goods-to-person » (marchandise vers la personne), à distinguer du transport de palettes.
Cas d'usage : e-commerce et distribution avec un grand nombre de références et de commandes fractionnées, où la densité de stockage et la vitesse de préparation priment sur le transport de charges lourdes.
Exemple d'acteur : Exotec (France), avec son système Skypod, un AS/RS goods-to-person pour bacs, pas pour palettes. Exotec a produit son 4 000e robot et inauguré un nouveau siège près de Lille début 2026 (source : Exotec) ; c'est la référence française de cette catégorie, même si elle n'est pas concurrente directe du transpalette autonome sur les palettes.
6. Le robot de picking : automatiser la préparation de commandes
Définition courte : robot capable de saisir un article unitaire dans un contenant (préhension par pince ou ventouse, souvent pilotée par vision et intelligence artificielle) pour composer une commande.
Cas d'usage : picking unitaire à très haute cadence, typiquement en aval d'un système goods-to-person, sur des références de forme et de poids variables.
Exemple d'acteur : Sparrow, le robot de picking unitaire déployé par Amazon dans ses centres de distribution, aux côtés de Cardinal et Robin pour le tri (source : GeekWire). Côté fournisseurs, Geek+ (Chine), leader mondial de l'AMR, est centré sur cette approche goods-to-person et picking plutôt que sur la palette.
7. Le cobot de convoyage : l'assistant qui suit l'opérateur
Définition courte : un cobot (robot collaboratif) travaille en contact direct avec un opérateur humain, souvent en le suivant ou en l'assistant, sans remplacer entièrement son geste, à distinguer d'un robot industriel qui opère seul en cellule fermée.
Cas d'usage : préparation de commandes « homme suit robot » ou « robot suit l'homme », convoyage d'un chariot de picking dans les allées pendant que l'opérateur prélève les articles à la main.
Exemple d'acteur : le Co-bot Pallet Jack de Vecna Robotics (États-Unis), conçu pour accompagner un opérateur dans ses tournées de palettisation plutôt que pour fonctionner en totale autonomie.
Et demain : le robot humanoïde, une 8e catégorie en émergence
Définition courte : robot bipède à silhouette humaine, capable en théorie de manipuler des objets et de se déplacer dans des espaces conçus pour l'homme, sans aménagement spécifique.
Où en est-on réellement : le cas le plus documenté est celui d'Agility Robotics, dont le robot Digit a franchi 100 000 bacs déplacés en production chez le logisticien GXO (source : Agility Robotics / Robotics and Automation News), dans le cadre du premier accord pluriannuel de type RaaS pour un humanoïde en entrepôt. En Chine, Unitree a livré environ 5 500 humanoïdes en 2025, près d'un tiers du marché mondial, et prépare une introduction en bourse à Shanghai (source : CNBC, restofworld.org). Pudu Robotics, déjà présent sur le transpalette autonome, développe en parallèle ses propres modèles semi-humanoïdes D7 et bipède D9.
À retenir : le déploiement en production reste marginal et concentré sur quelques sites pilotes. Pour l'immense majorité des entrepôts français, les 7 types de robots logistiques présentés ci-dessus couvrent aujourd'hui l'essentiel des besoins réels, le robot humanoïde relève encore davantage de la démo technologique que d'un choix d'automatisation standard.
Tableau récapitulatif des 7 types de robots d'entrepôt
| Type de robot logistique | Fonction | Infrastructure requise | Exemple d'acteur |
|---|---|---|---|
| AGV | Transport à circuit fixe | Oui (fils, réflecteurs, QR codes) | Rocla (Mitsubishi Logisnext) |
| AMR | Transport à navigation libre | Non (cartographie SLAM) | MiR1200 Pallet Jack |
| Transpalette autonome | Levage et transport de palettes | Non, en général | Pudu MP2000, EP Equipment EXP15 |
| Gerbeur autonome | Stockage en hauteur (racks) | Non, en général | Balyo LOWY |
| Robot goods-to-person | Amène le bac au préparateur | Structure dédiée (grille, navettes) | Exotec Skypod |
| Robot de picking | Préhension unitaire d'articles | Variable selon l'intégration | Amazon Sparrow, Geek+ |
| Cobot de convoyage | Assiste l'opérateur en direct | Non | Vecna Co-bot Pallet Jack |
| Robot humanoïde (émergent) | Polyvalence, tâches variées | Non, en théorie | Agility Digit chez GXO |
Comment choisir son robot logistique selon son besoin
Le bon type de robot dépend d'abord de la nature du flux à automatiser, pas d'un effet de mode.
- Vous transportez des palettes entre le quai et le stock : un transpalette autonome (AMR) est le point d'entrée le plus simple, sans travaux d'infrastructure.
- Vous devez aussi stocker en hauteur dans des racks existants : orientez-vous vers un gerbeur autonome, complémentaire du transpalette.
- Votre flux est un circuit fixe à très haute cadence (ex. alimentation continue d'une ligne) : l'AGV classique reste pertinent et parfois plus économique.
- Vous préparez des commandes e-commerce avec de nombreuses références : le goods-to-person (type Skypod) ou le robot de picking répondent à un besoin différent du transport de palettes, souvent complémentaires, pas substituables.
- Vous voulez garder un opérateur dans la boucle (contrôle qualité, geste fin) : le cobot de convoyage assiste sans remplacer.
- Vous avez une flotte mixte de robots et de caristes : vérifiez l'interopérabilité (standard VDA 5050) et anticipez le cadre sécurité applicable, pour les robots sans conducteur, la référence est la norme EN ISO 3691-4, complétée par la formation et l'autorisation délivrées par l'employeur ; faites valider votre organisation avec votre Carsat ou l'INRS plutôt que de vous fier à un seul avis commercial.
Dans la majorité des PME et ETI françaises, le point de départ le plus rentable reste le transport de palettes : c'est le flux le plus répétitif, le plus consommateur de main-d'œuvre et celui où le retour sur investissement se mesure le plus vite.
FAQ
Quelle est la différence entre un AGV et un AMR ?
L'AGV suit un circuit fixe défini par une infrastructure de guidage (fils, réflecteurs, QR codes) et s'arrête face à un obstacle. L'AMR navigue librement par cartographie SLAM, sans infrastructure, et contourne seul les obstacles. La frontière s'estompe cependant : certains AGV modernes intègrent des technologies proches de l'AMR.
Qu'est-ce qu'un cobot en logistique ?
Un cobot (robot collaboratif) travaille en contact direct avec un opérateur humain, en l'assistant ou en le suivant dans ses tâches, contrairement à un robot industriel qui opère seul en cellule fermée. En entrepôt, un cobot de convoyage accompagne typiquement un préparateur de commandes le long de ses tournées.
Qu'est-ce que le goods-to-person en entrepôt ?
Le goods-to-person (« marchandise vers la personne ») désigne un système où un robot ou une navette amène le contenant jusqu'au poste de l'opérateur, au lieu que celui-ci se déplace dans les allées. C'est le principe des systèmes type Skypod, adapté à la préparation de commandes à forte densité de références.
Les robots humanoïdes sont-ils déjà utilisés en entrepôt ?
Oui, mais de façon encore limitée : le cas le plus avancé est le robot Digit d'Agility Robotics, qui a dépassé 100 000 bacs déplacés en production chez le logisticien GXO. Pour la majorité des entrepôts, les robots spécialisés (transpalette autonome, gerbeur, AMR) restent le choix le plus mature et le plus économique en 2026.
Quel robot logistique choisir pour commencer à automatiser son entrepôt ?
Commencez par le flux le plus répétitif et le plus pénible : le transport de palettes entre le quai et le stock. Un transpalette autonome de type AMR se déploie sans travaux, en quelques semaines, et permet de mesurer un retour sur investissement avant d'envisager d'autres types de robots.
Maillage interne
- AGV vs AMR : quelles différences et lequel choisir pour vos palettes ?, pour approfondir la distinction technique entre les deux familles de navigation.
- Transpalette autonome : le guide complet 2026, le focus complet sur le type de robot le plus rentable pour une PME.
- Pudu MP2000 : présentation complète du transpalette autonome, l'exemple concret de robot logistique distribué par Easy to Carry.
- MiR1200 Pallet Jack vs Pudu MP2000, comparatif détaillé entre deux AMR palette du marché.
- ROI d'un robot transpalette, comment chiffrer le retour sur investissement avant de choisir un type de robot.
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